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Specialisterne ou comment transformer l’autisme en avantage compétitif
27/07/09

L’entreprise Specialisterne est une compagnie danoise qui utilise les caractéristiques des personnes souffrant d’autisme comme avantage compétitif sur le marché !
Cette entreprise innovante propose des services tels que le test de logiciels, le contrôle qualité ou encore la conversion de données aux plus grandes entreprises au Danemark.
De plus, Specialisterne accompagne et forme les personnes autistes à s’adapter au monde de l’entreprise et à se conformer aux exigences du milieu professionnel. Elle leur propose un environnement de travail où il est « normal » d’être autiste et où le rôle du management est de créer le meilleur environnement possible pour ces personnes.
Specialisterne fut créée par le visionnaire Thorkil Sonne. Son fils étant lui-même atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, il connaît les particularités des personnes autistes mais également les difficultés qu’elles rencontrent face à l’emploi. Déterminé à trouver une solution aux problèmes que rencontrait son fils ainsi que près d’1% de la population, Sonne a décelé dans ces « dysfonctionnements » une formidable opportunité. C’est son expérience dans le secteur des nouvelles technologies qui lui a permis de prendre conscience de la valeur que les compétences spécifiques très poussées des personnes autistes – capacité à systématiser, propension aux routines répétitives, etc – pouvaient représenter pour un certain nombre d’activités.
Aujourd’hui, Specialisterne compte plus de 50 employés, dont environ 75% de personnes autistes, et travaille avec des entreprises danoises et internationales telles que Microsoft ou Oracle.
Mais Specialisterne ne se contente pas de fournir aux entreprises des services nécessitant une grande précision et une attention particulière aux détails au travers de son Business Centre. L’Enabling Centre propose aux employés des programmes d’entraînement leur permettant d’améliorer leurs capacités personnelles, sociales et professionnelles. Ces capacités sont en effet très peu développées chez les personnes autistes ce qui constitue une véritable barrière à leur intégration au sein de la société. Enfin, l’Academy Centre se concentre sur la diffusion du savoir inédit de Specialisterne : l’art de transformer les faiblesses en force grâce à une méthode de pensée positive.
En décembre dernier, Thorkil Sonne a créé la Specialist People Foundation à laquelle il a attribué la totalité des parts de Specialisterne, dont une filiale devrait prochainement voir le jour à Glasgow.
Voilà un exemple de social business qui devrait en inspirer plus d’un à changer de perspective et voir des opportunités inouïes dans les plus sérieux problèmes de notre temps.
Specialisterne fait l’objet d’une étude de cas de la Harvard Business School.
Pour en savoir plus : http://specialisterne.com/index.html
Royaume-Uni : Une véritable représentativité politique pour l’entreprenariat social
24/07/09


Un commentaire de Thomas il y a quelques jours sur le rôle des pouvoirs publics dans la promotion des entreprises sociales nous a incités à faire quelques recherches sur le sujet. Si l’entreprenariat social manque d’une représentativité publique en France, ce n’est assurément pas le cas du Royaume-Uni. Le lancement par le gouvernement en 2006 du Social Enterprise Action Plan, programme piloté par l’Office of the Third Sector, lui a en effet conféré un soutien politique sans failles.
Il existe environ 60 000 entreprises sociales au Royaume-Uni. L’objectif premier du programme est de construire un environnement favorable au développement de milliers de nouvelles entreprises de ce type.
Les actions sont articulées autour de 4 thèmes, qui visent à :
- favoriser une culture de l’entreprise sociale, tout particulièrement en inspirant les jeunes générations à réfléchir à l’impact sociétal de l’entreprise
- améliorer le conseil, l’information et le soutien disponible pour les entreprises sociales
- lever les barrières d’accès au financement qui restreignent le développement des entreprises sociales
- permettre aux entreprises sociales de travailler efficacement avec le gouvernement de manière à développer des politiques publiques adaptées
Dans cette perspective, des engagements sont définis pour 12 départements différents : Communities and Local Government; Environment, Food and Rural Affairs; Children, Schools and Families; Health, etc.
Comme nous l’évoquions dans un précédent article, les universités aussi s’impliquent activement dans la démarche. Un grand nombre de conseillers carrière de l’enseignement supérieur ont notamment été formés afin d’être mieux au fait des débouchés existant dans l’entreprenariat social.
En parallèle, le Third Sector Research Center a été lancé en octobre dernier pour informer la prise de décision dans le domaine. Disposant d’un budget de 5 M£, il travaillera notamment à la mise en place d’outils de mesure de la « valeur ajoutée sociale » de l’ensemble des acteurs du secteur.
Ce n’est pas tout ! En plus des multiples guides pratiques mis à disposition du public, 25 entrepreneurs sociaux exemplaires ont été choisis comme « ambassadeurs » pour porter la bonne parole et prouver à tous qu’il est possible de résoudre des défis sociaux et environnementaux avec des solutions entrepreneuriales !
Pour couronner le tout, cette initiative est célébrée lors du Social Enterprise Day qui aura lieu cette année le 19 novembre. Une vidéo a été réalisée l’année dernière à cette occasion afin d’expliquer simplement le concept de l’entreprise sociale et d’inspirer chacun à faire la différence.
En bref, un plan d’attaque complet dont la France ferait bien de prendre de la graine
La vidéo :
Pour plus d’infos sur le programme et les ambassadeurs : http://www.cabinetoffice.gov.uk/third_sector/social_enterprise/action_plan.aspx
B Corporation, vers un label certifiant les social business ?
22/07/09

Aujourd’hui, nous avons décidé de mettre à l’honneur une entreprise particulièrement intéressante et qui répond partiellement à un commentaire posté sur le blog la semaine dernière.
Un petit rappel de la question posée :
« Comment s’assurer qu’une entreprise fait réellement ce qu’elle prétend d’un point de vue social et environnemental ? »
En gros, comment faire la différence entre une vraie « bonne » entreprise et une bonne campagne de pub.
C’est cette problématique qu’ont essayé de résoudre Andrew Kassoy, Jay Coen Gilbert et Bart Houlahan en délaissant leur situation professionnelle prospère mais peu contributrice au bien-être collectif et en créant B Corporation.
Cette entreprise propose aux entreprises soucieuses de leur impact social et environnemental un processus de certification qui pourrait s’apparenter aux labels AB pour le bio ou HQE pour les bâtiments. Le but de cette certification est de s’assurer que ces compagnies accordent autant d’importance à leurs actionnaires qu’au reste de leurs parties prenantes (la communauté, l’environnement, les générations futures, etc.).
Parmi les 190 entreprises certifiées dans 31 secteurs, on trouve des restaurants, des agences de communication, des avocats ainsi que des entreprises de production.
Les entreprises portant le label B Corporations sont le porte-drapeau d’un nouveau type d’entreprises qui entendent utiliser le pouvoir du business pour créer un bénéfice public.
Les B Corporations:
1) Respectent des standards de performance sociale et environnementale compréhensibles et transparents;
2) Etendent leurs propres responsabilités afin d’intégrer le respect des intérêts de l’ensemble des parties prenantes de leur écosystème ;
3) Ont pour projet de construire une voix collective puissante au travers du pouvoir du label B Corporation.
B Corporation se veut donc le nouveau standard pour les « social business », autrement dit les entreprises déterminées à changer le monde au travers de leur activité.
Cette vidéo présente en détails le projet B Corporation:
Pour plus d’info, voici le lien de leur site, ça vaut le détour: http://www.bcorporation.net/

