Archives pour juillet, 2009
B Corporation, vers un label certifiant les social business ?
22/07/09

Aujourd’hui, nous avons décidé de mettre à l’honneur une entreprise particulièrement intéressante et qui répond partiellement à un commentaire posté sur le blog la semaine dernière.
Un petit rappel de la question posée :
« Comment s’assurer qu’une entreprise fait réellement ce qu’elle prétend d’un point de vue social et environnemental ? »
En gros, comment faire la différence entre une vraie « bonne » entreprise et une bonne campagne de pub.
C’est cette problématique qu’ont essayé de résoudre Andrew Kassoy, Jay Coen Gilbert et Bart Houlahan en délaissant leur situation professionnelle prospère mais peu contributrice au bien-être collectif et en créant B Corporation.
Cette entreprise propose aux entreprises soucieuses de leur impact social et environnemental un processus de certification qui pourrait s’apparenter aux labels AB pour le bio ou HQE pour les bâtiments. Le but de cette certification est de s’assurer que ces compagnies accordent autant d’importance à leurs actionnaires qu’au reste de leurs parties prenantes (la communauté, l’environnement, les générations futures, etc.).
Parmi les 190 entreprises certifiées dans 31 secteurs, on trouve des restaurants, des agences de communication, des avocats ainsi que des entreprises de production.
Les entreprises portant le label B Corporations sont le porte-drapeau d’un nouveau type d’entreprises qui entendent utiliser le pouvoir du business pour créer un bénéfice public.
Les B Corporations:
1) Respectent des standards de performance sociale et environnementale compréhensibles et transparents;
2) Etendent leurs propres responsabilités afin d’intégrer le respect des intérêts de l’ensemble des parties prenantes de leur écosystème ;
3) Ont pour projet de construire une voix collective puissante au travers du pouvoir du label B Corporation.
B Corporation se veut donc le nouveau standard pour les « social business », autrement dit les entreprises déterminées à changer le monde au travers de leur activité.
Cette vidéo présente en détails le projet B Corporation:
Pour plus d’info, voici le lien de leur site, ça vaut le détour: http://www.bcorporation.net/
Quand l’Europe s’en mêle… L’entreprenariat social au cœur d’une campagne de la Commission Européenne
15/07/09

Le département Entreprises et Industrie de la Commission Européenne a lancé en mai dernier le programme Your World, Your Business, en partenariat collaboratif avec Junior Achievement – Young Enterprise. Cette campagne a pour but d’inspirer les jeunes de 16 à 19 ans à devenir le genre d’entrepreneurs dont notre société a le plus besoin : dynamiques, créatifs et déterminés à construire un monde meilleur pour tous. Bref, des entrepreneurs sociaux !
En tant qu’éducateurs, les professeurs ont un rôle phare à jouer au travers de l’inspiration et de l’encouragement qu’ils peuvent fournir à leurs jeunes élèves. La Commission met donc à disposition un kit pédagogique disponible en 24 langues destiné à accompagner les professeurs dans cette démarche. Ce kit propose notamment des idées sur la manière d’introduire le concept de l’entreprenariat social auprès des étudiants. Discussions, brainstormings et mini business plans sont au programme.
Une vidéo d’accompagnement plutôt bien conçue est également disponible. Y sont présentés quatre jeunes entrepreneurs européens passionnés par les problématiques sociales et environnementales et résolus à les résoudre au travers de leur business. Une belle source de motivation !
Voilà une initiative au niveau européen qui mérite d’être soulignée !
Jetez-un coup d’œil à la vidéo pour faire le plein d’inspiration…
Vidéo: http://ec.europa.eu/enterprise/yourworldyourbusiness/videos/videos_en.htm
Teachers’ Guide:
http://ec.europa.eu/enterprise/yourworldyourbusiness/teacher/teachers_en.htm
Pour finir, le spot pub de la campagne qui a choisi l’humour pour faire passer le message !!
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=gFsQPfazBx0]

Une nouvelle génération d'entrepreneurs sociaux : les diplômés
14/07/09

Il y a seulement une dizaine d’années, l’entreprenariat social était quasi inexistant dans le milieu académique. Aujourd’hui, on commence à voir fleurir ici et là une multitude d’initiatives et de programmes à travers le monde qui, bien qu’encore très insuffisants, tracent une nouvelle voie plus humaniste pour l’éducation commerciale.
Aux Etat-Unis, ce sont les plus prestigieuses Business Schools qui mènent la danse, avec en tête l’université de Stanford dont le Center for Social Innovation lancé en 2003 ne se contente pas de développer une base riche de plus de 60 études de cas dans le secteur mais propose également divers programmes de formation continue. Le dernier-né, entièrement consacré à l’entreprenariat social, débutera en juin 2010. Harvard, au travers de sa Social Enterprise Initiative, offre quant à elle à ses étudiants de MBA ainsi qu’aux leaders en poste un panel de cours dédiés à la création de valeur sociale dans les organisations.
Un phénomène semblable se répand en Europe. En Espagne, l’IESE à Barcelone (l’une des écoles de management les plus réputées), dispense des cours en la matière. Au Royaume-Uni, c’est Oxford qui se distingue avec le Skoll Center for Social Entrepreneurship créé en 2003 mais de nombreuses universités régionales innovent en proposant des cours d’entreprenariat social dans les cursus classiques de business. C’est le cas de l’université de Lancaster (Nord-Ouest) où l’on peut suivre un module de social entrepreneurship à partir de la 2ème année de Bachelor en Management.
En France, c’est l’ESSEC qui s’est voulue pionnière dans le domaine avec sa Chaire Entrepreneuriat Social créée en 2003. HEC Paris lui a emboîté le pas en inaugurant en décembre dernier sa chaire Social Business / Entreprise et Pauvreté (SBEP), co-présidée par Muhammad Yunus (qu’on ne présente plus) et Martin Hirsch (Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la Pauvreté) et sponsorisée par Danone. Un point intéressant à souligner, la « Track » SBEP est ouverte aux étudiants français comme internationaux de tous les programmes d’HEC, des Mastères Spécialisés aux MBA en passant par la grande école. Elle leur permet de suivre en langue anglaise un programme intensif de deux mois en fin de cursus afin d’élargir leurs horizons et d’adopter une vision plus globale et humaine du monde du business. Au menu, des cours de social entrepreneurship, new business models at the bottom of the pyramid, business and poverty in developed countries, development of new consumer behaviors et finance and social business. Citons également le récent lancement de l’Ecole de l’Entreprenariat en Economie Sociale en Languedoc-Roussillon, un dispositif conçu pour reconnaître et développer les compétences managériales spécifiques des entreprises de l’économie sociale.
Une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux se dessine donc… Ceux-là seront formés à gérer la tension entre les exigences économiques et sociales et sauront mettre des compétences managériales pointues au service d’un projet collectif, ce qui devrait permettre de maximiser l’impact sociétal des organisations créées et de changer d’échelle.
Mais les initiatives de ces quelques établissements pionniers demeurent bien marginales. La plupart des programmes des écoles de commerce, même ceux spécialisés dans l’entreprenariat, ne font en effet aucune considération de l’entreprenariat social. Il faut donc non seulement encourager la démarche de ces « éclaireurs » mais aussi la pousser encore plus loin. L’enseignement de l’entreprenariat social ne doit pas rester cantonné à des départements spécifiques et réservé à quelques « élus » mais être intégré à tout cursus classique de management. Des chapitres sur les entreprises sociales devraient même faire leur apparition dès le lycée dans les programmes de section ES. Il est essentiel d’éclairer les futurs entrepreneurs sur ce modèle alternatif qui n’est pas destiné à le rester bien longtemps !

